En 2022, la VOD "A La Carte" confirme son attractivité
La VOD À La Carte renforcée par la pandémie
Le marché de la VOD transactionnelle ou encore VOD À la carte devrait atterrir en 2022 autour de 250 M€, et connaitre une croissance de +15,1% par rapport à 2021 (+3,6% par rapport à 2019, avant la pandémie de Covid 19).
Impacté en 2021 par la pénurie de nouveautés, le marché s’est maintenu grâce aux fonds de catalogue, avant de rebondir en 2022 avec le retour des nouveaux contenus, qu’ils soient passés par la salle ou sortis directement en vidéo.
Fluctuations de l’offre en nouveautés, résilience du catalogue
Première fenêtre d’exploitation après la salle de cinéma, le marché transactionnel tire son épingle du jeu face à la surenchère d’offres d’abonnement (S-VOD) grâce à sa capacité à proposer des films dès 4 mois après la sortie salles.
Fenêtre essentielle assurant la bonne exploitation des œuvres audiovisuelles, la VOD À La Carte enregistre, une croissance de 19% versus 2021 à fin octobre, d’après les estimations du cabinet AQOA.

L’impact du retour de la nouveauté, avec notamment les grosses franchises (Spiderman, Top Gun, 007), est très marqué en 2022. En particulier sur le format Achat (EST) lequel, après un début d’année en négatif, enregistre une croissance de 14% à fin octobre.
En généralisant une fenêtre d’exclusivité d’une à deux semaines pour l’EST, les studios ont intégré une stratégie commerciale pour maximiser les revenus sur la première période de vie du titre, avant sa mise à disposition en location.
Le format Locatif (VOD), dont la résilience sur 2021 reposait sur le fond de catalogue, confirme son attractivité et enregistre une croissance de +21% sur la même période, porté par le retour de la nouveauté : Fin octobre 2022 50% de la valeur sur les contenus locatifs est générée par les nouveautés (<6 mois) vs 31% pour la même période en 2021.
A fin octobre le marché de la VOD À La Carte pèse 197K€ et dépasse la taille du marché physique (DVD/Blu-Ray) qui représente 175K€ sur la même période (Source GFK). Une performance record qui vient confirmer l’attractivité du format proposant les films les plus récents aux téléspectateurs, au sein d’une formule qui leur offre une plus grande liberté : dépenser « À la carte » pour regarder le film qu’ils souhaitent au format qu’ils souhaitent et sans engagement.
La transformation de l’offre autour des nouveaux usages
La pandémie 2020-2021 a poussé les acteurs de la vidéo (À La Carte et SVOD) à tester de nouvelles formules de distribution. Les sorties « Direct to Video » pour les films destinés au circuit cinéma se multiplient au premier semestre 2021 alors que les salles obscures sont fermées. L’exemple le plus probant étant la sortie en exclusivité de Justice League sur les services de VOD À La Carte, qui a battu un record avec plus de 100.000 téléchargements (EST) en première semaine (Avcesar.com).
D’autres films sont lancés à travers les offres de S-VOD, une stratégie qui perdure même après la réouverture des salles. Néanmoins, cette approche, qui ampute un titre d’une partie de son potentiel sur les autres formats/fenêtre, est remise en question aujourd’hui.
D’une part, la visibilité apportée par le cinéma (hors fermetures liées à la pandémie) et, d’autre part, le choix large et diversifié de la VOD À La Carte, sont des composants essentiels pour optimiser le revenu d’un film. Un certain nombre d’acteurs ajustent leurs stratégies en revenant à un modèle plus classique et linéaire en adéquation avec la chronologie des médias :
Disney annonce un changement de stratégie et la baisse en 2023 des productions destinées à Disney+ (Jeuxvidéo.com). Amazon, qui a racheté en mars 2022 le studio MGM, souhaite continuer à investir dans la production de films à destination des salles obscures (Siecledigital.fr), et Warner Bros. Discovery repousse le lancement de son service S-VOD HBO Max en France (Numérama.com).
Vers un écosystème cinéma-vidéo global et transversal
La multiplication des services S-VOD et l’émergence de questions autour de la rentabilité de ces services provoquent une révision des modèles économiques et un rééquilibrage des offres.
Certaines plateformes en quête de rentabilité n’ont d’autre choix que de se diriger vers un modèle basé sur la publicité (Netflix) lorsque d’autres diversifient et dynamisent les propositions en intégrant la VOD À La Carte et la TV payante dans une offre globale (Modèle MyCanal et Prime Video).
Dans ce contexte, la VOD À La Carte prend toute sa place et se positionne comme le format Premium permettant d’actionner des leviers de visibilité et de croissance pour l’ensemble de l’écosystème cinéma-vidéo.
Des stratégies transverses au cinéma et à la vidéo commencent naturellement à émerger. Aux Etats-Unis un accord signé entre l’exploitant de salles AMC et le studio Universal a permis de réduire le délai entre la fenêtre cinéma et la fenêtre vidéo à 17 jours (Francetvinfo.fr). L’objectif est d’assurer la prospérité de la distribution cinéma tout en satisfaisant la demande en VOD et ainsi de maximiser les performances de ces deux fenêtres d’exploitation.
En France où un cadre juridique définit la chronologie des médias, l’optimisation entre les formats est au centre des débats. Dans la mesure où l’objectif est de proposer des offres répondants aux attentes des consommateurs et permettant à chaque film d’optimiser les revenus qu’il génère, la VOD à l’acte se positionne comme un rouage incontournable de cet écosystème vertueux.